Diagnostic – jardins partagés sur toit

Afin d’inscrire son action dans un environnement réel, avec ses contraintes et ses atouts, Cultivons nos toits est passé par une phase d’étude/recherche afin de déterminer les conditions qui lui permettrait de mener à bien l’une de ses missions : l’accompagnement de jardins partagés, notamment sur les toits. Car évidemment, taper à une porte, proposer un jardin et s’en aller n’a que peu de chance de réussir.

Durant un an, les salariés et bénévoles de Cultivons nos toits ont fait une étude bibliographique, des études de cas et ont mené plus d’une centaine d’enquêtes auprès d’acteurs de l’agriculture urbaine, des logements sociaux, et auprès d’habitants. Il en ressort des conclusions pressenties et retrouvées sur d’autres territoires, mais qui prennent leur sens dans la région grenobloise :

La nécessité d’implication des jardiniers le plus en amont du jardin
Plus tôt interviennent les jardiniers, et plus tôt peut se créer une dynamique collective d’appropriation du jardin. Nous avons donc à cœur de militer pour que les futurs usagers définissent eux-mêmes les espaces alloués et des sessions collectives de conception du jardin sont organisés pour rapprocher le projet de jardin des attentes des jardiniers.
On a déjà vu des cas où les jardiniers, mécontents de ne pas avoir été consultés pour la création du jardin, reprennent les choses en main et transforment le jardin existant suivant ce dont ils ont envie. C’est bien évidemment du temps perdu et cela peut générer des conflits avec les premiers concepteurs du jardin (pouvoir public, bailleur, copropriété), mais c’est un cas heureux car le jardin prend vie. La majeure partie du temps, si les jardiniers ne sont pas consultés, ils ne se projettent pas dans le jardin, ne l’entretiennent pas et il devient une friche.

La nécessité d’accompagnement des jardiniers une fois le jardin en place
Une fois réalisés la conception et l’aménagement du jardin, une dynamique s’est créée et il faut l’entretenir pour éviter qu’un bel élan ne s’arrête trop tôt. D’où la nécessité d’accompagner les jardins, au moins au début, pour donner des conseils et former les jardiniers. C’est également l’occasion pour l’association de remplir une autre de ses missions : la sensibilisation à l’écologie sous toutes ses formes, ce qui peut se décliner par des ateliers non directement en lien avec l’agriculture naturelle.
En fonction de la dynamique de groupe et des compétences en culture potagère, cet accompagnement peut être très court, ou nécessaire tout le temps (grand turn-over au jardin).